Négocier avec empathie : faiblesse ou force ?
- Caren Bernat
- 30 nov. 2024
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 11 janv. 2025
L’empathie en négociation, c’est un sujet qui divise. Pour certains, montrer de l’empathie est une faiblesse : « Si tu comprends trop leur point de vue, tu risques de perdre. » Pour d’autres, c’est un véritable superpouvoir, capable de transformer une confrontation en collaboration. Alors, qu’en est-il vraiment ? Voici pourquoi et comment l’empathie, loin d’être un obstacle, peut devenir une force stratégique en négociation.

1. L’empathie en négociation : une qualité sous-estimée
Comprendre sans céder
Trop souvent, l’empathie est confondue avec la complaisance ou la faiblesse. Pourtant, être empathique ne signifie pas dire oui à tout ou abandonner ses propres objectifs. C’est avant tout la capacité de comprendre les besoins, émotions et motivations de l’autre partie pour créer un terrain d’entente.
Ce que l’empathie permet :
Désamorcer les tensions : En reconnaissant les défis ou préoccupations de votre interlocuteur, vous montrez que vous êtes à l’écoute, ce qui réduit les résistances.
Identifier les priorités cachées : Une posture empathique vous aide à détecter ce qui compte vraiment pour l’autre partie, au-delà des positions affichées.
Renforcer la confiance : L’empathie favorise un climat de collaboration, où les deux parties se sentent respectées.
2. L’empathie en action
Lors d’une récente négociation avec un partenaire stratégique, nous étions à un point mort. Leurs demandes semblaient irréalistes et chaque proposition que je faisais était rejetée. Au lieu de me braquer ou de forcer la discussion, j’ai décidé de changer d’approche : j’ai pris le temps d’écouter leurs préoccupations et de reconnaître leurs défis.
Ce que j’ai appris
En les laissant parler, j’ai découvert que leur insistance sur certains points ne venait pas d’une volonté de domination, mais d’une pression interne qu’ils subissaient de la part de leur propre hiérarchie. Leur priorité cachée n’était pas la valeur financière de l’accord, mais la rapidité de sa mise en œuvre pour respecter leurs délais internes.
3. Transformer l’empathie en levier stratégique
Un dialogue plus ouvert
En reconnaissant leurs contraintes sans pour autant abandonner mes propres objectifs, j’ai réussi à ouvrir un dialogue constructif. Voici comment :
Reconnaître leurs besoins : Je leur ai montré que je comprenais la pression qu’ils subissaient.
Réaffirmer mes propres priorités : Tout en étant empathique, j’ai expliqué clairement mes limites et mes attentes.
Proposer des solutions alignées : En tenant compte de leurs contraintes, j’ai ajusté mes propositions pour qu’elles répondent à leurs besoins tout en respectant les miens.
4. Un accord gagnant-gagnant
Grâce à cette approche, nous avons trouvé un compromis qui respectait les intérêts des deux parties. Non seulement l’accord a été signé, mais il a également posé les bases d’une relation professionnelle solide et durable.
Pourquoi cela a fonctionné
L’autre partie s’est sentie entendue : Reconnaître leurs besoins a désamorcé leur rigidité initiale.
J’ai renforcé ma crédibilité : En restant ferme sur mes propres priorités tout en montrant de l’empathie, j’ai prouvé que je n’étais ni inflexible ni complaisante.
Nous avons établi une relation de confiance : Cette négociation a montré que nous pouvions collaborer efficacement même dans des situations tendues.
5. L’empathie : une force, pas une faiblesse
Les bénéfices d’une approche empathique
Créer un climat de collaboration : L’empathie favorise des échanges plus ouverts, où les parties se sentent à l’aise pour exprimer leurs vrais besoins.
Faciliter la recherche de solutions : Comprendre les motivations profondes de l’autre partie permet de proposer des compromis pertinents.
Construire des relations durables : Une négociation basée sur l’empathie renforce la confiance et ouvre la voie à des collaborations futures.
Les limites à ne pas franchir
Bien utilisée, l’empathie est une force. Mais attention à ne pas tomber dans l’excès :
Restez assertif : Ne laissez pas l’empathie vous pousser à accepter des termes défavorables.
Posez vos limites : L’empathie ne signifie pas sacrifier vos propres intérêts, mais trouver un équilibre.
6. Comment intégrer l’empathie dans vos négociations ?
Les clés pour une empathie stratégique :
Écoutez activement : Prenez le temps de comprendre les besoins explicites et implicites de l’autre partie.
Posez des questions ouvertes : Demandez : « Quelles sont vos priorités principales dans cet accord ? » ou « Quels sont les obstacles que vous anticipez ? »
Reformulez pour valider : Assurez-vous d’avoir bien compris en reformulant leurs préoccupations.
Soyez ferme mais respectueux : Tout en reconnaissant leurs besoins, affirmez vos propres priorités de manière claire.
Exemple : Lors d’une négociation commerciale, un client insiste sur une réduction de prix. En creusant, vous découvrez que sa véritable inquiétude concerne la garantie de livraison dans les délais. Plutôt que de céder sur le prix, vous proposez des engagements clairs sur les délais.
En conclusion : l’empathie, le superpouvoir des négociateurs accomplis
Loin d’être une faiblesse, l’empathie est une arme puissante en négociation. Elle permet de dépasser les positions figées pour créer des dialogues constructifs et des accords équilibrés. Utilisée avec discernement, elle transforme chaque négociation en une opportunité de bâtir des relations solides et respectueuses.
Et vous, êtes-vous favorable à une approche empathique ou préférez-vous rester plus distant en négociation ? Partagez votre avis en commentaire, ou contactez Pegase Conseils pour apprendre à maîtriser l’art de l’empathie stratégique.




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